Jeudi 8 mai 2008

L’Émancipation syndicale & pédagogique

 

Dossier Mai 68

Chronique d’une révolution confisquée

Le plus bel hommage que nous puissions rendre aux étudiantEs et travailleurEs en lutte ce mois-là est bien de faire renaître et poursuivre l'élan, l'enthousiasme de cette "révolution avortée" ou plutôt "confisquée". Ni mythification, ni auto-célébration ; nous avons donc fait le choix de présenter dans ce dossier le témoignage de camaradEs de la tendance car les leçons de ces jours exaltants doivent nous servir dans nos combats présents et futurs. Et certains de ces "enseignements", comme certaines des lacunes constatées, demeurent plus que jamais d'actualité.

Pour s'en tenir à nos organisations syndicales, le fonctionnement bureaucratique, frein au développement et à l'aboutissement des luttes nous oblige à rechercher des formes d'autoorganisation du mouvement social ; de même que le poids trop restreint des idées et des militantEs révolutionnaires empêche le moment venu de franchir le point de rupture. La formule "Il faut savoir finir une grève" est chaque fois venue nous rappeler que les réformistes n'aspirent pas à bouleverser radicalement l'ordre social, au mieux ne s'en donnent pas les moyens. Et l'insuffisance de nos projets d'alternative au capitalisme nous empêche de voir au-delà d'un horizon qu'il nous faudra pourtant bien dépasser.

Pourtant, il serait faux de limiter Mai 68 à ses échecs. Ces événements qui marquèrent profondément toute une génération de militantEs eurent aussi une influence considérable sur la société toute entière et dont nous ressentons toujours les effets. Mais dans le même temps, la grande peur des pouvoirs ébranlés allait appeler un désir de remise au pas, de revanche.

Le laminage des acquis sociaux que nous subissons aujourd'hui, le retour de l'ordre moral qu'on cherche à nous imposer depuis plus de trois décennies s'expliquent aussi et en partie par les événements de Mai 68, dont certains veulent même effacer toutes traces. Mai 68 nous rappelle surtout que rien n'est inéluctable. "Ceux qui ont participé n'ont jamais oublié qu'en s'organisant, en imposant un rapport de forces... on peut faire bouger l'ordre social".

Jean-Michel Bavard

 

Sommaire :

page 16 : 1968 "première année mondiale", l'album photo d'une année particulière

page 17 : 68 et après, un itinéraire dans les luttes des années 1970

page 20 : Mai 68 à Paris, rêve général

page 24 : Mai 68 dans l’Oise, au jour le jour

page 27 : Mai 68 à Melun, nous voulions changer la société

et nous poursuivons ce combat

page 28 : Mai 68 à Aix, le chant du cygne des phallocrates ?

page 29 : Une incroyable fête de l’esprit ,

Gilles Deleuze et Félix Guattari

 

L’Emancipation syndicale et pédagogique, n° 9, mai 2008, 44 pages, disponible à partir du 16 mai.

Prix au numéro : 5 €

Abonnement 10 numéros par an : tarif réduit 26 € (revenu mensuel  inférieur à 1300 €) tarif normal, individuel ou collectif : 48 €, abonnement de soutien 70 €.

Commandes au numéro ou abonnements à régler par chèque à l’ordre de Colette Mallet, adressées à : Colette Mallet, Le Stang, 29710, Plogastel St Germain.

Pour joindre la trésorière : em-abonnements@libertysurf.fr

 

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Jeudi 8 mai 2008

Le numéro 20 de la revue "Réfractions" vient de paraître en ce joli mois de mai.

                    "De Mai 68 au débat sur la postmodernité
                        Enjeux actuels de l'émancipation"


N'EN FINISSONS PAS AVEC MAI 68
Irène Pereira.- "L'Esprit de 68. Quel héritage contestataire pour aujourd'hui ?"
Daniel Blanchard.-  "Actualité de Mai"
Pierre Sommermeyer.- "Sous les pavés, la grève"
Quarante ans après, témoignages
Pierre Sommermeyer, André Bernard.- "Désir de révolution sociale"

MODERNITÉ ET POSTMODERNITÉ
Eduardo Colombo.- "L'Anarchisme et la querelle de la postmodernité"
Tomás Ibañez.- "Points de vue sur l'anarchisme (et aperçus sur le néo-anarchisme
et le postanarchisme) "
Daniel Colson.- "L'anarchisme, Foucault et les
« postmodernes »"
Table ronde : « Postmodernité et
postanarchisme »
Jean-Claude Michéa.- "De quoi le libéralisme est-il le nom ?"
Jacques Langlois.- "Modernité du capital ou capital de la modernité ? "

TRANSVERSALES
Astrid Géraud et des Amies de Silence.- "Construire le processus démocratique"
Michel Perraudeau.- "Léo Ferré, quinze ans (1916-1993)"

Les livres, les revues, etc.

Illustrations de ce numéro :
Bernard Hennequin, Rolf Dupuy, Fabio Santin, David Orange

<http://plusloin.org/refractions/revue/><http://plusloin.org/refractions/revue/>
ISSN 1287-4086
ISBN 9782952317061

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Jeudi 8 mai 2008

http://www.lebouffon.org/spip.php?article1478


A lire dans le magazine

Une introduction de Mai 68.

1968 : Caen conteste.

La panoplie fait-elle le CRS ?
Un montage réalisé à partir
d'une vraie tenue
de CRS usée en 68.


Bouts d'actu révolutionnaires -
Histoire : Rudi Duschke
et la Révolution Mondiale.




Caen la Maison de l'A. vous
accueille : redécouvrez
l'ambiance des rendez-vous
étudiants et syndicaux
à la Maison de l'Amitié.

Détours du Monde : l'actu
internationale des luttes
- Histoire : La Guerre du Vietnam ;
Le geste de Smith et Carlos ;
Les grands résultats sportifs de 68.


On entend la voix des femmes :
un point sur l'émergence
du féminisme à Caen.

« Mai 68 n'est pas un coup de
tonnerre dans un ciel serein ».
Une analyse de la crise normande
par Alain Leménorel.

Un tournant pour la presse
satirique - Le Bouffon prête
sa plume aux Racailles, le
journal de lutte de Caen.

Ce qu'on pouvait lire
sur les murs en 68.

Bric à Brac culturel : des chroniques
et des annonces culturelles.

Les cadences sérigraphiques : un
portrait de l'artiste peintre
Bernard Louvel.

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Mardi 22 avril 2008


Offensive 18 - Courant Alternatif HS13
Trimestriel d'offensive libertaire et sociale
Spécial 68 - Mai encore !
52 pages - 23 x 32 cm - Mai 2008 - 5 euros
Parution : 30 avril 2008
















Sommaire

Sous les pavés
4-7 Une lutte internationale (Etats-unis, Allemagne, Italie, Pays-bas, Espagne, Japon)
8-9 Mexico 68, on ne méconnaît pas que le nombre de cadavres
10-11 Tout allait bien ? La France avant 68
12-14 Des luttes ouvrières annonciatrices

Mai 68
15-18 Ce n'est qu'un début... Du 2 au 13 mai, les luttes étudiantes
19-22 Grève générale ! Du 14 au 24 mai
23-25 Résistance à la reprise, du 25 mai à fin juin

L'imagination prend le pouvoir
26-28 La terre à ceux qui la travaillent autour du mouvement paysan en 68 (interview de deux paysans nantais)
29-31 Le comité d'action Citroën
32-34 Mai à Saclay, à propos de l'autogestion

Continuons le débat
35-37 Mai 68 et ses vies ultérieures (interview Kristin Ross)
38-39 Des mythes à détruire
40-42 68-86 un mouvement étudiant peut en cacher un autre !
43-45 Mai 68 en héritage
46-47 De l'optimisme aveuglant
48-51 Contre la commémoration

Edito
MAI 68 a été transformé en cliché. Son lieu serait unique, ses acteurs toujours les mêmes, ses formes identiques. Sur le cliché, on y voit les mêmes gestes : jetés de pavés et barricades, joutes oratoires et conflit de générations, jeunes qui s'embrassent dans le quartier Latin... Il est pourtant, comme tout mouvement, complexe et traversé de courants opposés. Dans ce paysage, les comités d'actions, les organisations politiques, le mouvement paysan sont portés disparus. Mai 68 devient l'affaire de vedettes, du ministre Kouchner à l'éditorialiste July. On préfère les historiettes où l'on se met en scène plutôt que de s'intéresser au comité d'action Citroën, à la stratégie des trotskistes ou des anarchistes...

Quel fut le rôle des syndicats ? L'impact des comités de base ? Pourquoi Mai 68 n'a pas réussi à renverser le capitalisme gaulliste ? Autant de questions si importantes à l'époque qui ne souffrent d'aucune analyse aujourd'hui. Des interrogations jugées désuètes. Car l'analyse de 68 n'existe qu'à travers les enjeux actuels. L'idée farfelue que l'on puisse changer le monde, faire la révolution est alors battue en brèche : un coup, on nous explique que « le contexte a changé, on était jeunes et fous », une autre fois que « l'échec de Mai 68 est de ne pas s'être transformé en conquête électorale » ou encore «qu'à l'époque, on ne se rendait pas compte que les vrais problèmes étaient dans le tiers-monde ». Autant de remarques qui balaient d'un coup les velléités révolutionnaires actuelles, la dénonciation en 68 de la sortie électorale proposée par De Gaulle (et avalisée par le PCF) et pour finir les luttes anti-impérialistes si intenses avant le joli mois de Mai.

Personne non plus pour souligner la place importante de la critique de la hiérarchie - du petit chef d'atelier aux enseignants en passant par les « pères-la-morale » - qui exprime tant le refus d'être un pion soumis aux desiderata du capitalisme. «Contrairement aux "révolutions" précédentes, ce n'est pas la superstructure politique qui a vacillé le plus, mais le fondement même de l'ordre social, l'autorité » explique Jean-Pierre Duteuil (Mai 68, un mouvement politique, Acratie, 2008).

En lisant ce qu'on nous conte sur 68, on ne sait pas non plus pourquoi des millions de personnes se sont mises en grève. L'article de Viansson-Ponté dans Le Monde du 15 mars 1968 « La France s'ennuie » (!) semble encore servir de base à la réflexion actuelle. Opportunément, on oublie de préciser que ce fut « l'unique insurrection "générale" qu'aient connu les pays occidentaux surdéveloppés depuis la Seconde Guerre mondiale » (Mai 68 et ses vies ultérieures, Kristin Ross, Complexe, 2005, p. 10). Personne -ou presque - pour parler des occupations d'usine de la Rodhiaceta à Besançon, des jacqueries à Caen qui secouent la France avant Mai. Quant à la « libération sexuelle », elle est réduite à une volonté de libertinage, en oubliant la critique de la famille triangulaire. En vidant Mai 68 de sa portée révolutionnaire, on ne parle plus d'opposition à la société capitaliste mais d'un événement conduisant la France vers la modernité, allant dans le sens de l'Histoire. Ainsi, on a habilement divisé le culturel du politique comme on sépare le bon grain de l'ivraie. Dans ce méli-mélo, on fait la part belle aux aspects culturels et festifs de 68 (tout en les vidant de leurs contenus subversifs). On interprète, on glose sur ses conséquences supposées sans en connaître les faits. On mélange tout : les luttes écologistes, la minijupe, l'antipsychiatrie... Tout est 68, et finalement 68 n'est plus rien.

Il était donc bien nécessaire que Courant Alternatif et Offensive s'associent pour éditer un numéro commun sur Mai 68 en s'emparant de toutes ces questions. Mai 68 nous intéresse parce que nous sommes militants, comme les révoltés du printemps 68, nous pensons qu'il est plus que jamais nécessaire d'en finir avec cette société capitaliste. Nous avons donc voulu, sans chercher des parallèles impossibles avec aujourd'hui, comprendre un événement de l'histoire révolutionnaire afin d'être mieux armés pour les luttes à venir.

OCL/OLS, avril 2008

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Samedi 12 avril 2008

LA BEAUTÉ

EST DANS LA RUE

Variations 11 / numéro spécial Mai 68 au présent. Printemps 2008.

Le numéro complet est en téléchargement libre et gratuit sur

www.theoriecritique.com

Sommaire

1. Variations sur des mots d’ordre contemporains

Lucia Sagradini,

Ici et maintenant, la beauté est dans la rue.

Michal Kozlowski,

Sous le pavé la plage (ou la beauté est dans la rue).

Stéphane Le Lay,

La lutte continue…

Michal Herer,

L’imagination prend le pouvoir.

Alexander Neumann,

Nous sommes tous des juifs et des allemands.

2. De Nanterre au Chiapas en passant par Montréal

Patrick Cingolani,

La révolte expressive – essai sur la contre-culture.

Francis Dupuis-Déri,

Herbert Marcuse altermondialiste ?

Fernando Matamoros,

Mexique – les espoirs du passé au présent.

3. Transversales

Denis Berger :

Méditations critiques, de la guerre d’Algérie à l’indépendance.

David Benhaïm,

Freud : la guerre et la Kultur.

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Mercredi 2 avril 2008

 

Mai 68 n’est encore,

          toujours, qu’un début

 

L’arithmétique nous dit que 68 est plus près de la Libération, de la Résistance, du Front populaire, de la Révolution espagnole que du règne de Sarkozy – que ce mot paraît vilain à côté de ceux évoqués !

Mai 68 a permis que le souffle des révolutions, de 1789, du XIXe siècle, de la Commune, après 36 vienne jusqu’à nous. Il y eut du Gavroche sur les barricades de la rue Gay-Lussac. Et il y a dans la radicalité des luttes de 88, de 95, de 2003 ou contre le CPE, comme un rebond. La révolte a – encore, toujours ? – le même parfum.

Les soixanthuitards ont naturellement besoin – encore, toujours – de s’attarder un instant sur ce moment singulier, de se retremper à cette source, pour nourrir l’espoir d’un dénouement qui n’eut finalement pas lieu voilà 40 ans. Pour savoir reprendre l’ouvrage inachevé. Ce fut, ce serait, une telle joie – un transport pourrait-on dire – que de regarder les pavés voler…

Puisque Mai 68 nous a permis de croire qu’un autre monde est possible, débarrassé de l’exploitation, de toutes ces oppressions qu’il a commencé à contester sinon à mettre en pièce, de toutes ces certitudes qu’il a écornées, cela valait bien un numéro spécial de notre revue. Loin d’une commémoration, nous avons voulu restituer modestement quelques aspects du bouillonnement de ce si joli mois de mai…

 

Au menu de cette fête

Après l’édito de Nicolas Benies, grand pourfendeur de Sarkozy et de ses affidés qui voudraient tant tourner la page 68, Patrick Silberstein ouvre le bal en page 4, il présente l’appel “Mai 68, ce n’est toujours qu’un début” (que nous reproduisons en page 2) et nous laisse apercevoir le « non encore advenu » qui éclaire les ténèbres de l’immédiat. Son compère dans la publication aux éditions Syllepse du pavé La France des années 68, Didier Epsztajn nous donne envie de le ramasser.

Robi Morder, page 6, décortique la relation complexe entre le Mai des facultés et le Mai des usines…

Gérard Chaouat, page 8, restitue le contexte international de cette année 68, l’importance de la solidarité dans la prise conscience d’une génération. Et Benoît Bossard nous dit l’horreur du massacre de My Lai. Gérard récidive plus loin, en page 20, pour dire la révolte des « carabins » contre les mandarins de Médecine.

Alain Lenfant, un des 142 qui ont envahi la salle du Conseil de la faculté de Nanterre, un certain 22 mars, pour y tenir une réunion inhabituelle, nous raconte en page 12 la vie nanterroise.

Jean Pierre Debourdeau nous fait vivre, en page 13, le tumulte des instances du SNI et de la FEN.

Georges Ubbiali fait parler, en page 14, Charles Piaget sur Lip avant, pendant et après 68.

Marcel Trillat, interrogé par son assistant réalisateur Emmanuel Chanial, nous conte en page 16 la grève à l’ORTF qu’il a si bien vécu.

Michelle Zancarini-Fournel met nos pas, en page 18, dans les traces qu’ont laissées les femmes de 68 pour s’affirmer comme sujets politiques entre facs et usines.

Daniel Vey nous livre en page 22 une autre dimension de la révolte : l’exigence d’une sexualité libérée. Il évoque aussi les J.O. de Mexico après le massacre des étudiants sur la place des « trois cultures ». Il interroge enfin, en page 21, Pierre Laguillaumie pour nous rappeler le rôle de l’EE dans la critique radicale du sport.

Françoise Riegert-Kalifa nous dit en page 24 la semblable insolence des Lumières et de Mai 68. 
En page 25, Françoise Bleibtreu, fille de Marcel Bleibtreu et de notre Lily, nous dit ce qu’une enfant de 12 ans garde de 68 comme bagage pour la vie.

Pour compléter –  provisoirement ? –  le tableau, si je puis dire, Philippe Cyroulnik interroge Ivan Messac et Dominique Dehais  deux artistes peintres –  sur 68, la société et l’art.

  

Prix du numéro : 3 euros.

Pour se le procurer :

- auprès des militants EE

- librairie La brèche, rue Taine, Paris 12ème

- en le demandant par mail : m.migneau@wanadoo.fr

On peut aussi le consulter sur le site de l'Ecole Emancipée :

www.ecoleemancipee.org


 

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Mercredi 19 mars 2008
couv-186.jpgCRITIQUE COMMUNISTE, N°186, spécial Mai 68
 


Ce ne pouvait être qu'un anniversaire de plus. Le quarantième. Les précédents ont tous été dominés par un certain ennui, étouffés par l'obligation de guetter la petite touche d'originalité dans le lassant équilibre entre nostalgie, repentance et réécritures... D'ailleurs, n'est-il pas dans la nature des résurgences de réfuter les prévisions et déjouer les artifices calendaires ? L'émotion de pouvoir nager plusieurs fois dans les eaux du même fleuve, ce sont les manifestations lycéennes de 1986, les cortèges de 1995 et 2003, le soulèvement anti-CPE de 2006 qui nous l'ont offerte...
Pourtant, cette fois, il se passe quelque chose. De toutes parts se sont ouverts des chantiers qui révèlent une perception nouvelle : 68, ce n'est pas seulement le joli mois de mai, mais les Années 68, ce n'est pas uniquement l'Hexagone, mais une vague mondiale, ce n'est pas simplement le soulèvement étudiant, mais d'abord la grève générale ouvrière, et le trésor accumulé en quelques semaines sans lequel le mouvement ouvrier et la société entière ne seraient en rien ce qu'ils sont... Comme si l'ampleur de l'expérience nécessitait un tel recul pour qu'on prenne la mesure de son importance.
Et, de plus, vint Sarkozy, prétendant attacher à son char de triomphe la dépouille de Mai 68 ! Tonitruant rappel à l'ordre qu'entre eux et nous la mésentente est toujours à l'œuvre. Et que Mai 68 est plus jeune que tous les apprentis croquemorts empressés à proposer leurs services dispendieux...
Avec le présent numéro, Critique communiste a l'ambition de participer à ce grand et beau retour vers Mai 68. Au centre duquel nous plaçons la grève, la grève ouvrière, la grève générale... Puisqu'il est impossible de l'embrasser, cet immense mouvement, nous sommes allés, modestement, à la rencontre de quelques acteurs de celui-ci, militants d'entreprises dont le nom fait encore écho. Et de ce brasier qui se révèle toujours vivant, nous rapportons quelques flammèches.
Ils et elles avaient vingt ans, découvraient le monde du travail et l'action militante... Une expérience inoubliable qui est leur partage allait bousculer le vieux mouvement ouvrier. Mais insuffisamment. Tel est la deuxième approche de ce numéro : la gauche, syndicale et politique, et 68...
Enfin, en contrepoint de cette dimension de classe, le rappel que Mai 68 fut aussi, non pas en plus, à côté, mais au cœur même de sa dynamique, une révolution culturelle...
Autant de thèmes, d'approches, d'interrogations qui ne sont qu'ébauches...
Confirmation, s'il en était besoin, qu'on n'en est qu'au début !
° Des articles porteurs d’éclairages divers sur Mai 68
(Daniel Bensaïd, Pascal Boissel, Gilles Bounoure, Andrea D’Urso, Michel Lequenne, Michael Löwy, Henri Maler, Francis Sitel, Pierre Zarka…)
 
° Mai 68, la grève au cœur…
Retour sur quelques entreprises phares en Mai 68, et après…
Entretiens avec des acteurs de l’époque : Chausson Gennevilliers, Chèques postaux Paris, Peugeot Sochaux, Renault Cléon, Rhodiaceta, Roussel Uclaf, Saviem Caen, Sud Aviation Nantes…
° Le mouvement ouvrier, le vieux que bouscule le neuf : La gauche en 68 (Jean-Pierre Debourdeau), un entretien avec René Mouriaux…
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Mardi 11 mars 2008
AL0805.jpg 
« Il nous faut un nouveau Mai 68 ! »
Avec les historiens Jacques Baynac et Stéphane Moulain, les animateurs de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) Guy Malouvier et Rolf Dupuy.
 
Mai 68 fut-il une révolution manquée ?
 
Des témoignages inédits ;
 
la cartographie des événements ;
 
retour sur le « joli mois de mai » et son héritage.
 
12 pages supplémentaires, 3 euros.
 
Pour en savoir et commander ce numéro spécial à l’avance, rendez-vous sur 
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